13 janv. 2017

Pour vous messieurs /Para ustedes, señores

Oui, pour vous messieurs, avec toute ma compréhension et sympathie.

Sí, para ustedes señores, con toda mi comprensión y simpatía.

Rembrandt, 1630, homme chauve au manteau fourré

Moi, mutilé capillaire
Eduardo Galeano - Le livre des étreintes  (Traduction Colo)
 
Les coiffeurs m'humilient en ne me faisant payer que la moitié.

Il y a environ vingt ans, le miroir révéla les premières éclaircies sous la chevelure dissimulatrice. Aujourd'hui le reflet de ma calvitie dans les vitrines, fenêtres et vitres me provoque un frémissement d'horreur.

Chaque cheveu que je perds, chacun des derniers cheveux, est un compagnon qui tombe, et qui, avant, a eu un nom, ou du moins un numéro.

La phrase d'un ami compatissant me console:

- Si le cheveu était si important, il serait dans la tête et pas en dehors.

Je me console aussi en constatant que pendant toutes ces années j'ai perdu beaucoup de cheveux mais aucune idée, ce qui est une joie si on le compare à tant de repentis* qui vont de par le monde.



*Il fait référence, je crois, à tous ceux qui ont carrément changé de cap, d'idées...au cours de leur vie.




 


Yo, mutilado capilar

 Los peluqueros me humillan cobrándome la mitad.

  Hace unos veinte años, el espejo delató los primeros claros bajo la melena encubridora. Hoy me provoca estremecimientos de horror el luminoso reflejo de mi calva en vidrieras y ventanas y ventanillas.

  Cada pelo que pierdo, cada uno de los últimos cabellos, es un compañero que cae, y que antes de caer ha tenido nombre, o por lo menos número.

  Me consuelo recordando la frase de un amigo piadoso:

  - Si el pelo fuera importante, estaría dentro de la cabeza, y no afuera.

  También me consuelo comprobando que en todos estos años se me ha caído mucho pelo pero ninguna idea, lo que es una alegría si se compara con tanto arrepentido que anda por ahí.

Eduardo Galeano - El libro de los abrazos.


11 janv. 2017

Du Pop Art à Valencia


À Valencia j’ai découvert et énormément aimé une exposition-rétrospective très complète des œuvres du groupe de 3 artistes, puis deux, appelé “Equipo Crónica” dont j’ignorais tout. (groupe fondé en 1964).

Une peinture figurative, du pop art, qui forme comme un grand reportage critique de la situation politique et sociale durant les 10-15 dernières années de Franco et du début de la Transition ainsi que des œuvres artistiques du moment ...ou pas. 
 
Jamais je n’avais rien vu de pareil: prenant comme référence Guernica de Picasso ou Les Ménines de Velázquez, s’inspirant de Juan Gris ou de Warhol, les trois artistes s’ajoutent parfois eux-mêmes aux toiles, y mettent des objets modernes comme des ordinateurs ou des éléments en plastique, des héros de BD…

J’y ai ressenti une grande énergie, pas gaie - l’époque en s’y prêtait vraiment pas – mais les tableaux, de grande taille, sont pleins de vie. En les observant un bon moment, ceux qui connaissent un peu l’art, la culture espagnols y découvrent, souvent à travers des symboles, tout un monde – celui que j’ai connu ici il n'y a que 40 ans...
 
En Valencia descubrí, y me encantó, una exposición-retrospectiva muy completa de las obras de un grupo de 3, luego dos, artistas llamado “Equipo Crónica” fundado en 1964.


Una pintura figurativa, pop art, que forma como un gran reportaje crítico de la situación política y social durante les 10-15 últimos años de Franco y del principio de la Transición así como de obras artísticas del momento...o no.


Nunca había visto algo parecido: tomando por referencia Guernica de Picasso, o Las Meninas de Velázquez, inspirándose de Juan Gris o de Warhol, los tres artistas se añaden a si mismos en las obras, ponen objetos modernos tal como ordenadores o elementos de plástico, unos héroes de tebeos…
Sentí en los cuadros una gran energía, sin alegría – la época no se prestaba en absoluta a ello- pero las obras, de gran tamaño, están llenos de vida. Observándolos un buen rato, los que conocen un poco el arte, la cultura española descubren, a menudo a través de símbolos, todo un mundo – el que conocí aquí hace sólo unos 40 años.
 
(clic sur les tableaux pour les agrandir)

D'abord  voici quelques tableaux d'inspiration..Las Meninas


 



Dans un tout autre style, inspiration Guernica.

 



Et tant et tant d'autres...







Pour ceux qui désirent en voir plus,  ce que je recommande bien sûr,...une vidéo.
 

30 déc. 2016

Presque / Casi


Voilà, on y est presque en 2017. Ya casi estamos en 2017.



Je vous souhaite d'avoir des tas de projets, de ne pas avoir peur de les réaliser surtout.
Ici, ma santé me permettant enfin de m’éloigner de l'île, nous reprendrons nos échanges vers le 15 janvier. 
À mon retour  deux romans de José Carlos Llop, la recette de turrones majorquins aux noix et noisettes, et tant et tant...une longue liste d'idées.
Prenez grand soin de vous, je vous embrasse.

Os deseo tener muchos proyectos y, sobre todo, que no tengáis miedo de realizarlos.

Aquí, ya que mi salud me permite por fin alejarme de la isla, retomaremos nuestros intercambios sobre le 15 de enero.

A la vuelta habrá dos novelas de José Carlos Llop, la receta de unos turrones de avellana y nueces, y tanto, y tanto…una lista larga de ideas.

Cuidaos mucho, un abrazo fuerte.



26 déc. 2016

Langage d'anges / lenguaje de ángeles



 Je parle donc d’un langage d’anges qui est le langage de ceux qui se rencontrent. De ceux qui simplement peuvent s’étreindre, de ceux qui n’ont pas d’autre possibilité dans ce monde que de s’étreindre. Une humanité n’est rien sans cela […]. Je réitère face aux pouvoirs cette idée toute simple : rien n’existe en dehors de l’étreinte ; être un être humain c’est avoir de temps en temps la possibilité de s’en souvenir.”

 Raúl Zurita, Sobre el amor, el sufrimiento y el nuevo milenio, Santiago du Chili.

« Hablo entonces de un lenguaje de ángeles que es el lenguaje de los que se encuentran. De los que sólo pueden abrazarse, de los que no tienen otra posibilidad en este mundo que la de abrazarse. Una humanidad no es nada sin eso […]. Reitero frente a los poderes esa simplicidad : nada vive fuera del abrazo ; ser un ser humano es tener de tanto en tanto la posibilidad de recordarlo ».




14 déc. 2016

Lumière pâle / Luz pálida


Une balade sur la plage en presqu'hiver. Les plis et replis du sable reçoivent la visite de vaguelettes presque insonores.

Un paseo por la playa en casi-invierno. Los pliegues y repliegues de la arena reciben la visita de diminutas olas casi insonoras.







Tout est calme, la lumière pâle permet de distinguer la moindre algue, le plus petit morceau de coquillage. 
Todo está tranquilo, la luz pálida permite distinguir la mínima alga, el más pequeño trozo de concha. 

Fascinée par les sillons si réguliers, je passe de longs moments à flâner.
Fascinada por los surcos tan regulares, paso un buen rato vagando. 
 

Puis rencontre avec ces rochers, mi-enfouis, couverts de mousse. 
Nids de crabes?
Luego me encuentro con esas rocas, semi sepultadas, cubiertas de musgo.
 ¿Nidos de cangrejos? 
 
Sur ces notes paisibles et agréables, je vous laisse jusqu'après Noël.
Con estas notas apacibles y agradables, os dejo hasta después de Navidad. 


Mots de K, merci!

Discrétion des vaguelettes
Pâle lumière douce pour l’infiniment petit
Sillons réguliers ensemencés de tranquillité
Tumulte au loin ailleurs sans doute
étouffé par le paisible clin d’œil de la mousse 

 



7 déc. 2016

Le gant d'une voix / El guante de una voz



 Poursuivons/ Sigamos con/ avec Jorge Boccanera

"Quand la dictature a commencé j'étais très jeune. Pour quelqu'un qui est en train de se former, l'exil est différent que pour ceux qui doivent l'affronter à un âge mûr. Je suis parti par voie de terre en un voyage qui dura 7 mois pour arriver au Mexique. Ce voyage m'a beaucoup appris. A mesure que je parcourais le continent j'apprenais non seulement sa poésie, mais son histoire, ses gens. Les odeurs, la musique, la vie des gens m'atteignaient également."
Trad:Colo
 
Cuando comenzó la dictadura yo era muy joven. Para alguien que está en formación, el exilio es diferente al de aquellos que deben afrontarlo en una edad de madurez. Me fui por tierra en un viaje que duró siete meses hasta llegar a México. Ese viaje me enseñó mucho. A medida que recorría el continente iba aprendiendo no sólo su poesía, sino su historia, su gente. Me llegaban también los olores, la música, la vida de la gente.”
Extracto de una entrevista del 2009 http://www.confinesdigital.com/conf22/jorge-boccanera.html

Carlos Correa, Naturaleza en silencio, Colombia1941 Óleo sobre lienzo 1,90 x 1,90 cms -Fuente: Museo de Arte de Medellín Fco. Antonio Zea -Editor o Impresor: Banco Popular -Gestor: Jorge Cárdenas - Tulia Ramírez




Dictature, silence.

Effilochure

Le silence est-il le gant d'une voix?
Pourrait-on le toucher?
Nous souviendrions-nous le silence d'un jour quelconque
                         étant enfants?
Peut-être vole-t-il à ras du sol?
Le poète réduit au silence, accepte-t-il
                  volontairement ou est-ce le silence qui l'appelle?
Qui ne dit mot, consent-il?

Ce sont des réponses que je ne peux poser.*
Je n'ai pas peur du silence,
même quand il écrase ses ailes de poudre sur
                        ma fenêtre.
L'écouter ne fait pas peur.
J'ai peur de le voir.

Trad: Colo

* Ici jeu de mots entre poser(demander) une question et la réponse.

Hilachas

Es el silencio el guante de una voz?
¿Se podría tocar?
Recordaríamos el silencio de un día cualquiera
             cuando niños?
¿Acaso vuela al ras del suelo?
El poeta que se llama a silencio, ¿va
             voluntariamente o el silencio lo llama?
El que calla, ¿otorga?

Son respuestas que yo no puedo preguntar.
No le temo al silencio,
aun cuando se estrelle con sus alas de polvo en
              mi ventana.
No da miedo escucharlo.
Tengo miedo de verlo.


4 déc. 2016

En l'air / Al aire


Jorge Boccanera, né en Argentine en 1952.
Poète et journaliste.

Par petites touches, je vous propose de découvrir sa poésie.
Voyons si la première, qui amène le sourire, vous plait.

A modo de pinceladas, os propongo decubrir su poesía.
La de hoy me hizo sonreír.

Juan Gelman (à gauche) et son ami Jorge Boccanera

Chances

Hasard n'est pas jeter une pièce en l'air.
Ni même attendre le pile ou face...
Hasard est attraper la pièce en l'air
            et fuir sans laisser de trace.
(Trad: Colo)

Suertes
Azar no es arrojar una moneda al aire.
Ni siquiera esperar el cara o cruz...
Azar es atrapar la moneda en el aire
               y huir sin dejar rastro.